Culture du blé en Mauritanie : Aéré M’Bar ou le top de la gabegie en Agriculture

Hélas, investir 20 milliards d’UM et forcer les paysans à travailler 5 mois sur le  Périmètre d’Aéré M’Bar dans une culture du blé qu’ils n’ont jamais connue (en bafouant  les   itinéraires techniques orthodoxes de cette spéculation exigeante des normes culturales)  pour  apporter un rendement  de 0 tonnes à l’ha, cette gabegie des moyens financiers et  de l’énergie des  agriculteurs  ne peuvent échapper à mes critiques et suggestions malgré mon éloignement géographique du site et des thèmes de l’enseignement, de l’environnement et des palmiers qui accaparent quotidiennement mes sorties de presse.

Je commence par préciser que j’apprécie  grandement l’intérêt nouveau du Gouvernement pour l’introduction  extensive de la culture du blé en Mauritanie d’autant plus que j’avais essayé, dans mes activités de Bureau d’Etudes (BEERAM) et de responsable national du syndicat de l’Agriculture (FAEM) de l’introduire vainement en 1994 à travers  un projet  de 1000 ha sous pivot clés en mains sur financement sur d’un crédit SFALTE (long terme inter pays islamiques de la BID) et du Fonds Kowetien négocié en Algerie mais  rejeté par les conseillers (assistance technique) du  Ministère du développement Rural, sous prétexte que le blé n’est pas une priorité dans notre stratégie agricole de l’époque (le blé produit par l’Occident nous était interdit). 

Le dossier injustement rejeté est toujours disponible et peut être réactualisé, maintenant que l’Etat a le courage de ne plus observer les directives intéressées  de cette assistance technique et que notre pays se réconcilie avec son voisin.
 Le montant  de 20 milliards  d’UM cité dans l’article aurait pu : largement viabiliser les 300.000 ha du Bas Delta et de l’AFtout et cordon dunaire du Trarza dans l’option (protection de Nouakchott contre l’apocalypse et créer les conditions idéales de développement de l’agro-industrie non pas de sécurité alimentaire mais d’exportation du blé, du sucre, des huiles, du coton du riz, des légumes fruits …à quelques km Sud de Nouakchott en créant plus de 300.000 opportunités d’emplois.

Dans cette option,le coût de production du riz subventionné à 70UM/kg  tombera au coût de 40UM/kg sans subvention du Budget de l’Etat. Le montant  de 20 milliards  d’UM cité dans l’article aurait pu :
 Viabiliser 20.000 ha en irrigation par aspersion (Pivots, ou rampes) pour assure un rendement de  10 tonnes/ha (dans une bonne conduite culturale en zone saharienne au sol  léger avec observation du calendrier culture, de la fumure..) soit  200.000 tonnes équivalente à l’autosuffisance alimentaire du pays  dans cette denrée.
D’il y a quelques années, j’avais dit amicalement à l’actuel Ministre de l’Agriculture dans son Bureau : ‘’qu’il peut passer le reste de sa vie sur son fauteuil  sans connaître tous les plis du “pancréas” de l’Agriculture’’.  Aéro M’Baré en est une preuve.

Nouakchott le  17 Mai 2015 

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